Multi Asset

Les gagnants et les perdants de 2021. Quelles classes d’actifs privilégier ?

Les points clés

  • L’année 2020 fut hors normes. Nous abordons 2021 avec une surexposition sur les actions
  • Les classes d’actifs à potentiel en 2021, et celles avec un potentiel limité
  • Les événements que nous surveillerons de près en 2021

Espoir et optimisme en 2021, après une année 2020 aussi imprévisible que spectaculaire

Le millésime 2020 s’annonçait modéré, nous l’abordions avec enthousiasme mais non sans prudence ; ce fut une année inédite durant laquelle plusieurs records ont été battus. Après la tempête qui a secoué les marchés au mois de mars, deux confinements, des rebonds techniques et des rotations cycliques encore jamais observés, anticiper les mouvements de marché n’aura pas été chose facile en 2020. Dans le prolongement des mesures gouvernementales et monétaires exceptionnelles ainsi que les premières vaccinations qui redonnent une bouffée d’air aux marchés, nous abordons 2021 avec une surpondération sur les actions, tout en gardant à l’esprit que les marchés regardent déjà au-delà de l’hiver ; nous tablons en effet sur un retour à la normale dès la fin du premier semestre 2021.

Dans le tableau ci-dessous, souvent utilisé pour illustrer les bienfaits de la diversification, nous voyons que les classes d'actifs affichent des performances très variables ; les gagnants et les perdants sont rarement les mêmes d'une année sur l'autre.


Source : AXA IM au 31 décembre 2020

Les actions américaines et européennes ont été portées par les mesures monétaires et gouvernementales exceptionnelles qui visaient à soutenir l’activité économique et l’accès au financement dans des conditions très favorables. La forte appréciation des valeurs technologiques - bien représentées dans le S&P 500 - explique notamment la surperformance de l’indice américain (+ 16,26% ) par rapport à l’Eurostoxx 50 (- 5,14 %) au sein duquel les valeurs technologiques sont moins représentées.

Dans les pays émergents, les disparités ont été fortes. Toutefois nous notons que l’Asie a été la plus habile dans la gestion de la pandémie, notamment en Chine, ce qui lui a permis de rouvrir plus tôt leur économie et de limiter l’impact de la covid-19. La bourse de Shanghai (Shanghai composite) termine l’année en territoire positif à + 13,87 %.

Les matières premières sont un secteur cyclique par nature. Les prix ont été affectés par le ralentissement de l’activité économique en 2020, notamment dans le domaine de l’énergie et de certains métaux fortement utilisés pour les constructions. L’or a toutefois servi de valeur refuge et s’est apprécié de 24,5 % en 2020.

Dans une année 2021 qui s’annonce constructive, nous privilégions plusieurs classes d’actifs

1. Les actions émergentes

  • Nous préférons investir dans les zones les moins sensibles ou les moins touchées par la covid aujourd’hui. Nous sommes positifs sur l’Asie, et notamment la Chine avec une exposition marquée sur les valeurs technologiques et les actions du secteur de la consommation.
  • Ainsi, pour chercher à tirer parti de l’essor de l’économie digitale et la croissance de la consommation du fait de la gentrification chinoise, nous apprécions des sociétés telles que Tencent, Tal Education Group, Inner Mongolia Yili Industrial ou encore Yamaha* – l’un des premiers fabricants d’instruments de musique.

2. Les actions exposées à la thématique de l’économie verte

  • L’effondrement de la croissance en 2020 a amené les gouvernements à mettre en place des plans de relance budgétaires très importants, mobilisant une partie conséquente de ces ressources pour leur objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de neutralité carbone, notamment en Europe.
  • La transition énergétique est de nature à générer des investissements considérables dans les infrastructures vertes sur les 10 prochaines années.
  • Dans ce contexte, les entreprises exposées au thème des énergies renouvelables devraient générer une croissance des bénéfices sensiblement supérieure à la moyenne du marché. 
  • Par ailleurs, ces entreprises sont particulièrement bien notées sur le plan ESG, et leur prix devrait ainsi être soutenu par les flux d’investissement massifs dans l’univers ESG.
  • Au sein de cette thématique, nous privilégions les titres du secteur des biens aux collectivités ayant une part importante de leurs revenus dans les énergies renouvelables, les entreprises industrielles produisant des équipements électriques, ou encore les entreprises du secteur technologique fournissant des semiconducteurs dans les énergies renouvelables.

3. Les actions cycliques en Europe

  • Depuis peu, les actions sous-évaluées, souvent présentes dans la finance, l'énergie et les secteurs très cycliques surperforment les valeurs de croissance qui appartiennent généralement aux secteurs de la technologie et aux biens de consommation non cycliques.
  • Par nature, le niveau des bénéfices enregistré par les actions cycliques varie en fonction de la conjoncture économique et des cycles de marché. Dans la perspective d’une normalisation de la situation sanitaire et économique, les entreprises cycliques de qualité pourraient voir leurs bénéfices rebondir en 2021.
  • Les actions cycliques ont fortement souffert en 2020, leurs valorisations sont devenues attractives et pourraient représenter un point d’entrée.
  • L’importance de cette tendance dépendra du rythme de la reprise et de son impact sur la courbe des taux. En effet, une pentification de celle-ci serait profitable aux valeurs financières, mais moins pour le taux d'intérêt servant au calcul d’actualisation des bénéfices des titres de croissance.

Les classes d’actifs sur lesquelles nous voyons le moins de potentiel en 2021

Les liquidités, le dollar et les obligations souveraines présentent à notre sens le potentiel d’appréciation le plus limité en 2021. Toutefois, nous utilisons ces classes d’actifs dans les phases difficiles de marché, estimant qu’elles peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Très liquides, nous pouvons les céder rapidement au profit d’autres titres afin de nous réexposer aux actifs plus risqués dans le but de capter les phases de rebond.

1. Les liquidités

  • La rémunération des liquidités se situe à un niveau historiquement bas, les perspectives à court et moyen terme ne sont pas à la hausse.

2. Les Govies et le crédit américain & européen

  • Le niveau des taux et les spread de crédit se situent à des niveaux historiquement bas, ce qui rend le portage (taux + spread) très peu attractif à long terme alors que les courbes se sont fortement aplaties
  • Les mesures de soutien mises en place par les banques centrales ont vocation à perdurer tant que la convalescence des économies devra durer. Nous n’anticipons pas de durcissement de la politique monétaire en Europe ou aux Etats-Unis en 2021 ; la taille du bilan des banques centrales n’est pas appelée à se réduire à court terme.
  • Dans ce type de situation, nous pensons que les taux sont voués à rester durablement faibles même s’ils devraient graduellement augmenter sous l’effet d’une normalisation partielle de l’inflation permise par un rebond plus prononcé de la croissance au second semestre.

3. Le dollar

  • Le dollar devrait continuer de baisser en 2021 et réduire encore un peu plus son niveau de surévaluation par rapport à sa juste valeur de long terme définie par la parité de pouvoir d’achat.
  • La campagne de vaccination et le rebond de la croissance mondiale qu’elle permettra devrait soutenir le sentiment de marché et réduire l’appétit pour la valeur refuge qu’est le dollar.
  • La Réserve fédérale américaine devrait maintenir ses taux à leur plancher actuel jusqu’à fin 2023 comme elle l’a indiqué au marché. Dans ce contexte, le différentiel de taux avec le reste du monde rend le dollar nettement moins attractif que précédemment et ne justifie plus son niveau actuel.
  • Le creusement à des niveaux abyssaux des déficits budgétaires et du compte courant des Etats-Unis devrait peser sur la demande de dollar.

Ce que nous allons surveiller de près en 2021

En 2021, nous surveillerons tout particulièrement les clés de voutes suivantes :

  • Le déploiement du vaccin. Sa production et l’efficacité de sa distribution, le taux de succès et l’atteinte de l’immunité collective.
  • L’implémentation des mesures budgétaires de Joe Biden, notamment avec un Senat démocrate.
  • L’émission d’obligations européennes. Une première en Europe. En effet, la mise en place du fonds de relance « Next Generation EU » en Europe pour 750 milliards d’euros représente, selon nous, une avancée institutionnelle majeure dans la mutualisation de la dette.
  • La communication autour de la stratégie de sortie des stimulus monétaires. Quid de la pérennité des mesures de soutien en 2021 et 2022 ? L’hyper-dépendance de l’économie au stimulus devra se normaliser progressivement mais des situations difficiles (comme en 2013 et fin 2018) ne sont pas à exclure ; les marchés étant sous perfusion des politiques monétaires ultra-accommodantes, une erreur de communication des banquiers centraux risquerait d’engendrer une déflagration sur les marchés.

Dans une année qui s’annonce complexe mais plus apaisée que 2020, nous continuerons de piloter l’allocation de manière active et réactive, en accord avec nos convictions. Dans un environnement qui demeure incertain malgré la perspective de reprise et les différentes bonnes nouvelles qui pourraient voir le jour, la sélection des valeurs restera la principale source d’alpha. Naturellement, nous ferons preuve d’agilité et nous chercherons à détecter les signaux de marché pour réaliser les mouvements tactiques que nous jugerons opportuns.

Avertissement

Investir sur les marchés comporte un risque de perte en capital.

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